C) Extraction sans extractivisme

Sommaire détaillé

C) Extraction sans extractivisme

– Lutter contre l’extractivisme n’existe pas sans positionnement politique (quand on lutte, on se positionne, quand on se positionne, on lutte)

– Certains positionnements, qui affirment lutter contre l’extractivisme, ne sont pas décroissants (pour les décroissants, on ne lutte pas contre l’extractivisme en proposant de la croissance)

C1) Projets limitant l’extractivisme (ou ses conséquences)

C11) … dans une perspective de croissance

Croissance verte, croissance sélective, développement durable

Croissance et extractivisme

AB, début « Quelle que soit leur nature, toutes les initiatives concrètes de dématérialisation, comme les politiques de découplage en général, restent inscrites dans une trajectoire qu’il n’est pas question de modifier : la réduction globale de la consommation des « ressources naturelles » ne peut constituer une cible qu’à condition que le PIB continue de croître. »

Si la croissance est l’objectif, pas d’anti-extractivisme possible

AB, p 94 : « Cela pourrait difficilement être plus clair : l’économie moderne est en train de vider la planète, au sens propre du terme. Où trouvera-t-elle toutes les « ressources » qui lui sont essentielles, ne serait-ce que pour maintenir le niveau actuel de son activité industrielle, sans retourner terre et mer à leur recherche, sans dégrader irrémédiablement notre environnement et nos conditions de vie ? Pourtant, les médias et les politiciens nous le rappellent tous les jours depuis le petit déjeuner, il n’est non seulement pas question de ralentir, mais, au contraire, cette économie doit croître et ne le fait jamais assez ! Principale cible des gouvernements – leur « cap » et leur « combat », dirait François Hollande -, la « croissance » est une mesure de référence du « moral » et de la « santé économique » d’un pays et de ses habitants, sésame censé garder ouvertes les portes de la prospérité, de la hausse des revenus et de la « qualité de vie », condition sine qua non (bien que, on l’admet, pas suffisante) du « développement » et de la « création d’emplois » (donc, également, une assurance contre l’instabilité sociale et politique). Alors, quand cette « croissance » blêmit, il faut, nous martèle-t-on, être prêt à tout pour raviver sa flamme. »

La croissance coûte que coûte ?

AB, p 95 « Comment peut-on encore courir derrière la croissance, alors que les limites matérielles et écologiques rendent l’expansion de l’économie industrielle de plus en plus insoutenable ? Comment peut-on ne pas se rendre compte que ce comportement est suicidaire ? C’est là que les faiseurs de chimères apportent leur contribution. Ils ne clament pas, à la manière d’un Georges Bush père, qu’un mode de vie ultra-concommateur de la nature « n’est pas négociable ». Plus mesurés, ils disent que « si nous ne voulons pas voir s’interrompre la progression du niveau de vie enregistrée depuis 50 ans, il nous faut trouver de nouveaux moyens de produire et de consommer ». Ils disent aussi comment y parvenir : grâce au progrès des sciences et des techniques et à l’efficience du marché. The show must go on, et ses acteurs ne peuvent pas être pris de panique : l’économie poursuivra sa « croissance », simplement, elle la « dématérialisera ». Serait-ce possible, vraiment ? »

Greenwahing AB, p 98

Croissances vertes

NS, p 74 « Le verdissement du capitalisme a pour but de lui donner bonne figure pour qu’il puisse continuer à piller les ressources naturelles indispensables à son fonctionnement. »

Mirage du découplage, de la dématérialisation

AB p 96 « En parallèle, depuis près de 15 ans, un certain nombre d’institutions internationales et régionales […] parlent de « découplage ». Il s’agit à la fois d’un slogan, d’un objectif que « les décideurs » sont invités à poursuivre et d’un nouveau cadre comptable. Concrètement, le découplage est ce qui doit permettre de « verdir » les chiffres de la croissance, en suivant le postulat à première vue simple : grâce à une meilleure efficacité « matérielle » ou « énergétique », on peut produire plus (de marchandises) avec moins (de ressources rares et de pollutions), performance qu’on mesurera à l’aide d’une série d’indicateurs. Le cas particulier du découplage entre croissance et « ressources naturelles » reçoit aussi le nom de « dématérialisation » (« de la croissance » ou « de l’économie »), l’oxymore probablement le plus pernicieux. »

Impressions du quotidien vs réalités physiques : la dure réalité des chiffres. Si le découplage était possible, on le constaterait déjà. Les décroissants aiment le fait qu’il soit impossible.

Imprimante 3D

Découplages relatif et absolu

On peut observer un découplage relatif (moins de matière pour le même résultat) mais aucun découplage absolu

AB, p 107 « Au sens des institutions, ce type de découplage [relatif] est atteint lorsque la consommation des « ressources » recule alors que le PIB augmente. » …

Définition découplage relatif

PB, p 96 “[…] réduire l’intensité en ressources de l’économie.”

Comment peut-on croire qu’il est possible et qu’il existe déjà ?

AB, p 97 « Selon le PNUE, il reste, bien sûr, un long chemin à parcourir pour définitivement « découpler les flux des matières et d’énergie du progrès économique et social* », mais il y aurait tout de même « des raisons de garder espoir ». Cela d’autant plus que, comme l’affirme un rapport de cette institution datant de 2011, « un certain niveau de dématérialisation de l’économie mondiale » aurait déjà été atteint « au cours du siècle dernier, […] sous l’effet conjugué des innovations en matière de technologies, de conception de produits, d’utilisation de l’énergie et de l’essor des populations urbaines adoptant un style de vie plus durable »*. Alors, il suffirait d’être patient ? La finitude des « ressources » et les ravages que leur extraction inflige aux écosystèmes et à leurs habitants ne seraient que des problèmes transitoires que le progrès technique et le marché seraient déjà en train de résoudre ? Dans ce cas-là, il ne nous resterait plus qu’à adopter aussi « un style de vie plus durable » et à laisser les professionnels faire leur travail, en espérant qu’aucun extractiviste ne lorgne entretemps notre arrière-cour. Cela pourrait être reposant – si seulement c’était vrai. »

Perception de la réalité et réalité (découplage et effet rebond)

AB, p 98 « Pour commencer, il règne dans la vie courante, une grande confusion, tout aussi sémantique que relative à l’appréciation de la réalité. On « dématérialise » les factures, les titres de transport, l’information, le quotidien. Après une première « révolution » Internet au tournant des années 2000, voilà qu’aujourd’hui le tout-numérique, le tout-mobile, le tout-sans-fil nous donnent l’illusion de flotter dans l’éther. Il est facile de se laisser convaincre. »

PB, p 96 “Nous avons été leurrés, probablement par un pervers effet rebond … On imprime moins en pourcentage des documents que nous voyons passer sur nos ordinateurs, mais on reçoit plus de choses et l’impression est plus facile d’accès (coût en baisse, machines moins capricieuses), donc on imprime plus au total.”

Si ça n’existe pas encore complètement, la main invisible nous aidera

AB, p 115 «Face à ces perspectives, de quelles « raisons de garder l’espoir » peut-il encore être question aux yeux des promoteurs du découplage ? À lire le rapport du PNUE, celles-ci seraient à chercher, en dernier lieu, dans « la nécessité économique » – car les « ressources » rares sont chères – et dans « la certitude que des pénuries […] écarteront en fin de compte la possibilité de maintenir le statu quo ». Un drôle d’optimisme, qui ne dit rien, en plus, de l’échéance d’une telle issue fatale. Pourtant, dans un premier temps, comme l’admet par ailleurs le PNUE, les prix élevés poussent à « l’exploitation de gisements plus dispendieux et dangereux pour l’environnement » et permettent justement, en finançant le progrès des techniques d’extraction, de continuer à assurer l’approvisionnement des systèmes de production actuels en « ressources » dont ils dépendent. »

Matérialité informatique

PB, p 97 “Le secteur de l’informatique et des télécommunications n’a bien sûr rien de virtuel, comme le réseau Internet lui-même : serveurs, antennes-relais, terminaux, accessoires, ou câbles transocéaniques de faisceaux de fibres optiques que nous continuons à installer régulièrement pour accompagner la montée du trafic, consomment énergie et matières premières. Et quand on compare l’impact environnemental du “bon vieux papier” à celui du numérique, qu’il soit liseuse, tablette ou autre, il est à peu près certain que nous n’y avons pas gagné au change.”

PB, p 223 “La consommation électrique de l’informatique et des télécommunications augmente de manière exponentielle (déjà 7,3% de la consommation électrique française en 2008 […]”

PB, p 225 “Le volume de données échangées et stockées explose (+35% en 2012, +39% en 2011).”

Imprimantes 3D

PB, p 100 “[…] technologie additive, le contraire de l’usinage qui est par essence soustractif : perçage, filetage, découpage …”

“[…] objets “monomatériaux” d’abord et avant tout en résine thermoplastique ou thermodurcissable.”

“Les fab labs avec imprimantes 3D pourraient, dans le meilleur des cas, remplacer les manufactures, mais sûrement pas les hauts-fourneaux, les cimenteries, les verreries, ou les raffineries et les usines chimiques qui … fabriquent la résine qui leur sert d’encre 3D !”

Dématérialisation = désincarnation = élévation au-dessus de la matière (AB, p 98)

Explication

AB, p 99 « Mais, n’en déplaise aux technophiles, la multitude d’objets numériques qui peuplent leur quotidien ne sont en aucun cas immatériels. Un email parvient effectivement en une dizaine de secondes à l’autre bout du monde, mais à la différence d’un pigeon voyageur ou d’un postier à pied ou à cheval, son apparente immatérialité est tributaire d’infrastructures et de machines complexes, impossibles à édifier et à maintenir sans apports considérables de matières premières et d’énergie. Tel un coiffeur ne pouvant travailler sans ciseaux, les bourses fermeraient et Internet se figerait sans les serveurs, les antennes-relais et les câbles transocéaniques en fibre optique […] sans les data-centers et leurs milliers d’ordinateurs , eux-mêmes inconcevables sans les métaux […], sans l’eau et sans les combustibles nécessaires à leur fabrication, sans l’électricité qui les fait fonctionner. […] Ni le poids du « secteur tertiaire » dans une économie donnée (principale source de croissance économique dans les pays de l’Union européenne*), ni la technologisation de nos occupations quotidiennes ne signifient que l’économie mondiale « s’élève au-dessus de la matière ». Bien au contraire, l’artificialisation croissante du monde ne fait qu’accroître sa « matérialité ». »

Mirage de la biosource

AB, p 101 « Toutefois, comme le résume Philippe Bihouix, défenseur des « basses technologies », il est impossible de « biosourcer » notre consommation astronomique de plastiques, de produits chimiques ou, pire, de carburants ». »

Passage Bihouix, p 102, 103

Mirage de l’économie circulaire

L’énergie ne se recycle pas (ou mal : deuxième principe de la thermodynamique) et l’énergie est nécessaire au recyclage (puisqu’on transforme). Mais même avec beaucoup d’énergie, le recyclage reste très difficile et ce que nous faisons est très très très loin d’être à la hauteur.

PB, p 68 “Bien sur, il y a une autre différence entre l’énergie et les métaux : ceux-ci, une fois extraits, ne sont pas perdus comme les énergies fossiles parties en fumée. Il suffirait donc de les recycler indéfiniment, une fois extraite la quantité adéquate (mais laquelle ?) de métaux nécessaires à la société. Même si, en réalité, en vertu du second principe de la thermodynamique, on en dissipe toujours un peu, que ce soit au moment du recyclage lui-même (la perte au feu) ou pendant l’usage (la pièce de monnaie qui s’use imperceptiblement au fil du temps, car “le fer et le cuivre se vont usant et consumant par le seul attouchement des mains de l’homme”)”. Malheureusement, il existe des limites physiques, techniques et sociétales au recyclage dans un monde aussi technicisé que le nôtre.”

PB, p 69 “Perte par dispersion (à la source), perte mécanique (la boite de conserve, l’agrafe, et le stylo partis en décharge), perte fonctionnelle (par recyclage inefficace), perte entropique (marginale) : tel est notre destin, le cercle vertueux du recyclage est percé de partout, et à chaque “cycle” de consommation on perd de manière définitive une partie des ressources.”

PB, p 70 “On n’ira pas gratter la peinture anticorrosion à l’étain et au cuivre sur les vieux bateaux. On n’ira pas ramasser, sur le bitume des autoroutes, les particules de zinc, de cobalt (usure des pneus) ou de platine (faibles rejets des pots catalytiques). Et on ne sait pas récupérer tous les métaux présents, en quantités infimes, sur une carte électronique.”

Écoconception

PB, p 70 “[…] il serait nécessaire de revoir en profondeur la conception même des objets […]”

AB, p 103 « De façon générale, en l’absence d’une révision radicale de la conception des produits, l’économie véritablement circulaire reste du domaine de l’utopie […] Selon une étude du PNUE, sur 60 métaux de grande utilisation, « 18 seulement sont aujourd’hui recyclés à plus de 50 % et 36 affichent un taux de recyclage inférieur à 10% ». »

Économie circulaire possible = arrêter de faire n’importe quoi (on peut quand même essayer de boucher les fuites, trajets décroissants)

PB, p 132 : “On peut réaliser une bonne partie de ses courses en réutilisant les mêmes emballages : rapporter sa boite d’œufs vide et ses pots de yaourt en verre chez la crémière pour qu’ils soient réutilisés, apporter ses propres boites plastique pour les plats préparés chez le traiteur et le charcutier, réutiliser ses sacs en papier d’une fois sur l’autre pour le pesage des fruits et légumes, acheter en vrac les légumes secs et le miel, un mode d’achat qui a déjà commencé dans certaines chaines de magasin …”

Mirages technologiques

Géonigénierie, énergie miracle, Captage et Stockage du CO2, etc. Il n’existe pas d’énergie miracle et tant mieux. Le CSC dégage au moins autant de GES qu’il n’en recapte.

Les ressources de substitution (agro-carburants ? pétrole de schiste ? bioplastiques ?) : destructions écologiques plus importantes et effet rebond => croissance

La technologie est un problème plus qu’une solution

PB, p 82-83 “Plus nous rendrons le système complexe – et ne doutons pas que plus de technologie signifie plus de complexité -, plus il sera potentiellement sensible à des perturbations venues de l’extérieur : changement climatique, pénurie de ressources, géopolitique, ou catastrophes industrielles de type Fukushima […] à mille lieues d’une production autonome, résiliente, ancrée dans les territoires, et maitrisable par des entreprises et des populations locales.”

Géonigénierie

AB, p 232-235

PB, p 71 “En misant sur le tout-technologique pour notre lutte contre le réchauffement climatique, nous risquons fort de créer de nouvelles pénuries (elles-mêmes nécessitant un recours accru à l’énergie) et d’accélérer ainsi le système de manière involontaire. Car les “nanotechnologies vertes” sont généralement basées sur des nouvelles technologies, des métaux moins répandus et contribuent à la complexité des produits, donc à la difficulté du recyclage.”

Nanotechnologies

PB, p 95 “Ce rapide survol permet de poser immédiatement les limites techniques des nanotechnologies : si elles sont censées économiser de la matière en favorisant la miniaturisation (sans aucun doute pour la nanoélectronique) ou la substitution (encore en électronique, des nanotubes de carbone conducteurs peuvent remplacer le cuivre), dans l’immense majorité des cas, les applications sont dispersives : il s’agit d’incorporer des particules de métaux dans des produits sans espoir aucun de recyclage. […] Et le nombre d’applications est en train d’exploser …”

Toute la science et toutes les techniques ne sont pas un mirage
Orientation de la recherche (nous sommes technosceptiques, mais pas obscurantistes)

PB, p 134 “Faire moins (premier principe) et plus durable (deuxième principe), ce serait forcément tourner le dos à l’innovation, au savoir et à la recherche. En réalité, bien au contraire, il faudra des savoirs et de la recherche, mais orientés vers des finalités différentes d’aujourd’hui.”

L’agroécologie implique encore beaucoup de recherche fondamentale

PB, p 134 “Prenons l’agriculture biologique, l’agro-écologie ou la permaculture – trois approches voisines – que l’on peut faire entrer assez facilement dans les critères des basses technologies : peu ou pas d’intrants (donc faire la même chose, ou même mieux en termes de qualités nutritionnelles voire de rendements, avec moins), pas de pollution, respect ou restauration des patrimoines naturels comme les sols, maitrise locale … Celles-ci requièrent, pour être efficaces, des bases théoriques solides en agronomie et en microbiologie, une connaissance fine des cycles écologiques, des interactions entre la microfaune, la faune et les plantes. Elles nécessitent des adaptations locales des méthodes aux différentes natures des sols, aux expositions des terrains et aux climats, aux variétés de plantes cultivées.”

C12) … dans une perspective de justice sociale

Extractivisme protectionniste redistributif en Amérique du Sud

Il s’agit bien de s’opposer à l’extractivisme, pour ses conséquences sociales, mais pas pour son objectif (mais pas parce qu’il alimenterait le productivisme)

AB, p 44 « « Nous ne pouvons pas être des mendiants assis sur un sac d’or » Cette phrase devenue le slogan favori du président équatorien Rafael Correa résume parfaitement le crédo derrière lequel s’est rangé la gauche « progressiste »: c’est grâce à la rente extractive que seront financées les dépenses sociales, la santé, l’éducation, les prestations aux plus démunis; c’est aussi la rente extractive qui servira à préparer, là encore suivant un schéma des plus classiques, le passage du stade extractiviste du « développement » aux stades d’après. De cette façon, au nom de la justice sociale et du « développement », les mandataires « progressistes » adhèrent quasi-unanimement au consensus des commodités, multipliant les projets extractivistes de toute sorte. […] renationalisations […] L’expression « zones de sacrifice » apparaît précisément pour dénoncer cet extractivisme national-progressiste. »

AB, p 49 « Pour ceux qui le critiquent, que l’extractivisme soit néolibéral ou progressiste, celui-ci perpétue la « malédiction de l’abondance ».

AB, p 52 « L’espoir de « développement » a la peau dure, et l’objectif de « développement » est affiché tout autant par la gauche « nationaliste » que par la droite « libérale ». »

Quand bien même à l’envers

AB p 91 « Même si l’extraction s’inscrivait dans un système d’échanges moins inégal, elle poserait toujours, dans le contexte de raréfaction des ressources (et du « besoin » d’aller les chercher toujours plus loin), des problèmes écologiques et sociaux majeurs pour les territoires directement concernés et pour l’ensemble du monde. Le pillage est toujours injuste à l’échelle d’une communauté et de son territoire, d’une région, d’un pays, de la planète. Privilégier un seul échelon – celui, en fin de compte, de l’État-nation et du modèle économique qu’il met en œuvre – semble réducteur. »

C2) Trajets et projets décroissants

→ Il ne s’agit pas de limiter l’extractivisme, il s’agit de s’en extraire

C21) Notre anti-extractivisme est politique

« Non à l’extractivisme » n’est pas un projet politique

AB, p 228 « S’il y a, parmi les forces critiques, un consensus sur le besoin de « changer le système », il n’y a pas pour autant d’accord sur la nature du changement à opérer. Se satisfera-t-on de la création de « millions d’emplois [écologiques] bien payés »*, ou bien est-il question de rompre avec le salariat et de rentrer dans « l’âge du faire » et du « temps retrouvé ». Veut-on mettre fin au néolibéralisme et le remplacer par un keynésianisme vert, ou bien cherche-t-on réellement à en finir avec le capitalisme, ou, plus encore, à abandonner la logique industrielle et technicienne ? Exige-t-on une répartition plus équitable de la richesse monétaire (à l’image des pactes sociaux de l’après-guerre), ou cherche-t-on à déconstruire la notion-même de richesse, à mettre un terme au règne de l’argent ? Aspire-t-on à des « destinations plus sûres »*, ou, au contraire, est-on prêts à renoncer à la maîtrise et au contrôle sur notre réalité, à ce qu’on appelle la « sécurité » et qui, historiquement, s’est conjuguée avec la domination de la nature ? Enfin, de qui attend-on la mise en œuvre du changement désiré ? Croit-on encore, malgré les déconvenues, qu’un État puisse faire alliance avec les mouvements sociaux, qu’un parti, qui se propose de prendre le pouvoir, puisse devenir, comme il en était question en Bolivie, un « instrument politique pour la souveraineté des peuples », ou bien, mise-t-on, à l’image de la Mesa 18, sur la « mobilisation sociale permanente » ? Serait-on prêts à accepter un gouvernement autoritaire écologiquement éclairé, ou bien, doit-on, pour préserver la vie sur terre, compter, tout au contraire, sur un « effet forêt », « une façon de lier les êtres et les choses, de brouiller les espaces », de devenir ingouvernables* ? Certaines stratégies, certains contre-modèles et imaginaires utopiques s’excluent mutuellement, et il est loin d’être sûr que la priorité climatique commune soit en mesure de les concilier au-delà d’alliances circonstancielles et de moments de « mobilisation massive ».

Les territoires en transition

Ne représentent pas un projet politique, mais des projets individualistes (comme les colibris)

NS – qui en dit plutôt du bien -, p 187 « L’objectif des initiatives de Transition est que la ville, le village ou la communauté organise sa résilience. »

[Révoltés ou non par les injustices]

Les trajets individuels ne sont pas des trajets politiques et ne servent pour ainsi dire à rien (à la marge)

PB, p 133 “Il ne s’agirait pas de fabriquer forcément soi-même son dentifrice – à partir de cendres, d’argile et de menthe du jardin – mais un réseau d’apothicaires locaux pourrait très bien le faire.”

PB, p 154 “À plusieurs centaines d’habitants par kilomètre carré (la moyenne française est de 120 hab/km2, mais en incluant les Cévennes, le Jura et les Alpes …), il est hors de question de récolter un peu de bois de feu autour de chez soi, de puiser l’eau dans la rivière et d’y  faire la lessive, ou de déféquer sur le bord du chemin.”

Ce sont des rejets politiques qui, en s’appuyant sur telle(s) ou telle(s) rationalité(s), proposent autant de projets politiques correspondants.

Nous proposons un autre projet politique

Il est impossible de projeter précisément la décroissance : nous savons plus à quoi ça ne ressemble pas que à quoi ça ressemble. Nous aimons l’idée d’un buissonnement de trajets axés sur la sobriété , la relocalisation, l’annulation et le remboursement des dettes financières et écologiques illégitimes, la mise en cause de la notion de progrès, de développement et de croissance …

NS, p 184 « Pour baisser notre empreinte extractiviste, agir sur les secteurs du bâtiment et de l’énergie est essentiel. Il faut le répéter, il n’existe aucun substitut crédible au pétrole, une énergie encore bon marché en 2014. Les agrocarburants, l’électricité, l’hydrogène, ni a fortiori le charbon hyper polluant ne peuvent la remplacer*. Conserver un mode de vie acceptable, tout en diminuant fortement notre consommation énergétique, est possible. »

C22) État des lieux / enjeux (vis-à-vis du départ de ce monde)

Tout le monde comprend bien que ce monde tire sur sa fin

PB, p 269 “Faites le test en prenant un interlocuteur au hasard, lancez quelques perches sur les difficultés actuelles et à venir du monde : il y a de bonnes chances pour qu’une personne sensée reconnaisse assez vite que les choses ne peuvent pas durer ainsi. Nous le savons tous plus ou moins implicitement, sans peut-être nous l’avouer complètement car la dissonance cognitive avec l’obligation de continuer à vivre au quotidien, de boucler les fins de mois ou d’inscrire la petite à la crèche serait trop forte. […] tout le monde se rend compte que les choses ont changé et que la vie sera plus dure pour les générations à venir : pour trouver un travail, un logement, une “place” décente, un espoir …”

Le départ de ce monde, la décroissance est désirable

NS, p 190 « Face à la déplétion des métaux comme à celle des énergies fossiles, la sobriété alimentaire comme la simplicité matérielle volontaires seront des valeurs de plus en plus désirables. »

AB, p 247 « Mieux que les discours moralisateurs, très vite perçus comme liberticides, les processus de résistance conduisent progressivement ceux qui y prennent part à mettre en jugement éthique les modes de vie associés à l’idéal matérialiste qui, à son tour, cesse d’être désirable. […] sentiment de l’absurde. »

PB, p 297 “Rien de catastrophique, ni d’inimaginable, et une perspective de nature à compenser quelques efforts sur notre consommation quotidienne. Débarrassés des voitures, des babioles importées, des écrans plats intempestifs, nous pourrions consacrer notre temps retrouvé à jardiner, à lire, à passer du temps ensemble, à restaurer nos paysages et nos villes, à nous déplacer plus doucement, bref, à embellir nos vies.”

Désirabilité du projet politique des décroissant.e.s vis-à-vis du projet extractiviste

NS, p 57 « La recherche du profit et la compétition sont suicidaires, pour nous tous. Le partage des ressources, la sobriété dans leur utilisation, la coopération, autant pour la préservation de la nature aujourd’hui que pour les générations futures, sont des buts autrement plus enthousiasmants que l’accumulation primaire et sans limites de richesses matérielles. »

PB, p 106 “Les exhortations au retour de la croissance sont pitoyables. Il ne suffira pas de retrouver la “confiance des marchés” ou des ménages, de développer l’innovation, forcément verte, ou de faire tourner la planche à billets pour relancer la consommation (rayer les mentions inutiles en fonction des partis politiques).”

PB, p 107 “Pour prendre une métaphore informatique, il est temps de changer de logiciel ; que dis-je, c’est la carte-mère et l’ensemble des circuits qu’il nous faut démonter.”

Quelles forces nous retiennent ici ?

  • « Prise de conscience » écologique et environnementale ? Oxymores (« crise » de conscience)
  • Les échanges inégaux nous arrangeraient-ils bien ?
  • Consommer moins !?
Révélateurs de dissonances cognitives : les oxymores

AB p 93 « « Forgés artificiellement pour paralyser les oppositions potentielles, les oxymores font fusionner deux réalités contradictoires […]. Ils favorisent la destruction des esprits, deviennent des facteurs de pathologie et des outils de mensonge. Plus l’on produit d’oxymores et plus les gens sont désorientés et inaptes à penser. Utilisés à doses massives, ils rendent fous. » (citant Bertrand Méheust, La politique de l’oxymore, 2009)

PB, p 25 “un monde de contradiction permanente, une politique de l’oxymore”

PB, p 15 “Voici venu le temps le de l’”économie circulaire” et de l’”écologie industrielle”, ô formidables oxymores, idoles des temps modernes !”

Nous nous accrochons à notre confort, nous n’avons pas le temps de penser

AB, p 244 « En tant que société dans son ensemble, « nous » sommes encore très loin d’être tous persuadés qu’il faut « changer le système, pas le climat », et certainement encore plus loin d’être prêts, pour cela, à mettre en jugement l’essence et les moteurs de la modernité : le progrès, le pouvoir de la science en tant qu’instance de vérité, la fascination pour la technologie et ses gadgets, l’artificialisation perçue comme un horizon naturel, la liberté comme propriété de soi-même et comme refus de tout déterminisme, l’emprise du marché et de ses principes fondamentaux d’intérêt et de concurrence. En dehors de quelques cercles d’« initiés », dans la vie de tous les jours d’une grande majorité des gens, de telles questions ne se posent tout simplement pas. Bien d’autres préoccupations occupent le quotidien : […] »

Après critique de l’individualisme : [individuation (en soi)] – commencer par réfléchir avec soi-même ?

AB, p 260 « Peut-on mettre fin à une telle instrumentalisation de la nature et du vivant sous toutes leurs formes et aux croyances sur lesquelles elle repose ? La tâche semble démesurée. Le plus évident, quoique pas nécessairement le plus simple, serait sans doute de commencer par soi-même. Ce rapport au monde et les représentations qui l’accompagnent exercent sur nous une telle emprise que nous n’en sommes bien souvent plus que des rouages. La critique de l’extractivisme, la prise de conscience des mécanismes d’exploitation, de pillage et de destruction nécessaires pour entretenir notre définition du confort, offre une prise possible pour amorcer la désertion. […] Mais un tel cheminement ne conduira à des changements radicaux que s’il est mu par un puissant désir. Le « sentiment de culpabilité » ne ferait au final que servir les discours – néolibéraux – de la responsabilité individuelle, encourageant la « politique des petits gestes », pour le plus grand bonheur des vendeurs d’indulgences. Plus qu’un rejet horrifié, c’est une réappropriation déterminée des espaces du souhaitable qui pourra briser ce monopole (des médias, du marché, de la société et de ses normes) sur nos rêves. »

Remettre en question la science

PB, p 165-167 “Les découvertes de la science et les progrès techiques ont été tellement fulgurants que nous en avons perdu nos repères. Notre science “prométhéenne” nous promet aujourd’hui rien de moins que la toute-puissance : repousser les limites de la vie avec la médecine des biotechnologies “rouges”, voire l’éternité avec le mouvement “transhumaniste” et le téléchargement de nos cerveaux dans des disques durs, ou le clonage perpétuel ; transformer l’inerte en vivant, en produisant de la nourriture synthétique à partir des comètes ; créer la vie à partir de rien, avec la biologie de synthèse ; accéder au savoir universel (mais peut-être pas à la sagesse …) avec les bases de données, les logiciels de traduction, l’interconnexion de tous les êtres humains ; choisir sa descendance avec le génie génétique, etc. De telles promesses de la science ne sont pas nouvelles. […] Ce qui est éventuellement nouveau, c’est le fait que désormais la science nous promet également de réparer les dégâts environnementaux qu’elle a générés.” (p 165)

Requestionner les besoins

NS, p 194 « Un des objectifs de la relocalisation tient dans la diminution des transports et déplacements. Il nous invite à reconsidérer nos besoins de mobilité et l’usage systématique de la voiture. Ivan Illich, dans Énergie et équité, a démontré que si l’on additionne le temps passé au travail pour payer son auto et les frais qui y sont liés, que l’on divise ensuite ce chiffre par le nombre de kilomètres parcourus, on obtient une vitesse moyenne inférieure à celle du vélo. Il conclut que la vitesse généralisée d’une voiture pour un américain atteint à peine les six kilomètres par heure.* […] Les tricycles carrossés à pédale et assistance électrique avec panneaux solaires sont une solution intéressante pour les indispensables déplacements individuels. Espérons que des chocs écologiques trop violents ne nous contraignent pas à revenir brutalement aux chevaux et bœufs comme moyen de transport et de traction, comme cela existe encore dans les PED. »

Si le trajet semble long, qu’est-ce qu’on peut espérer atteindre ?

Négawatt

Suite NS p 184 « En France, l’association Négawatt, composée d’ingénieurs-chercheurs spécialisés dans le domaine de l’énergie et de l’environnement, propose un programme pour vivre progressivement sans les énergies fossiles ni le nucléaire. Pour diminuer notre empreinte écologique et son impact sur le climat tout en se préservant des risques causés par le nucléaire, la priorité est de réduire nos consommations d’énergie par la sobriété, l’efficacité énergétique et bien sûr la mise en place des énergies renouvelables. »

PB, p 77 “Il existe des scénarios plus sérieux, bien sûr, comme négaWatt pour la France, dont l’immense mérite est de commencer par questionner le besoin, et de projeter une baisse significative de la consommation énergétique à l’horizon 2050.”

Petite critique Négawatt, possibilité de départ de ce monde

PB, p 262 “Impossible d’atteindre un niveau aussi bas [25 % de notre consommation actuelle] ? C’est à voir. Le niveau d’ambition n’a rien de choquant en tant que tel : pour preuve, le fort sérieux scénario 2011 de l’association négaWatt, qui pourtant ne prône pas vraiment une remise en cause de notre “confort”, passe d’une consommation d’énergie finale de 160Mtep en 2010 à 70Mtep en 2050 avec 7 millions d’habitants supplémentaires, soit une division par 2,5 pour chaque personne.”

Sobriété énergétique

PB, p 75 “Indéniablement nous pouvons, et devons, développer les énergies renouvelables. Mais ne nous imaginons pas qu’elles pourront remplacer les énergies fossiles et nous permettront de maintenir la débauche énergétique actuelle.”

Limites des énergies renouvelables

PB, p 75-76 “Certes, un quadrilatère de quelques dizaines ou centaines de kilomètres de côté dans le Sahara pourrait fournir toute l’électricité mondiale, mais ces calculs de coin de table ne veulent rien dire. Pour produire les 22 000 TWh de la consommation électrique mondiale (en 2011), il faudrait installer l’équivalent de cinq cent années de production actuelle de panneaux solaires (ou, plus modestement, cent vingt années pour la consommation électrique européenne) ! Sans oublier qu’au bout de quarante ans au plus, il faudrait tout recommencer, étant donné la durée de vie des panneaux photovoltaïques. Et qui passerait le balai à chaque tempête de sable sur les dizaines de milliers de kilomètres carrés de panneaux ?”

PB, p 77 “Il faut aussi de l’acier, du ciment, des résines polyuréthanes, des terres rares et du cuivre, des bateaux et des grues, entre autres, pour fabriquer et installer une belle éolienne “propre”.”

PB, p 78 “Bref qu’on se le dise : éolien, solaire, biogaz, biomasse, biocarburants, algues ou bactéries modifiées, hydrogène, méthanisation, quelles que soient les technologies, les générations ou les vecteurs, nous serons rattrapés par un des facteurs physiques : impossible recyclage des matériaux (on installe d’ailleurs aujourd’hui des éoliennes et des panneaux solaires à base de matériaux que l’on ne sait pas recycler), disponibilité des métaux, consommation de surfaces, ou intermittence et rendements trop faibles.”

Si les ER sont limitées, énergies fossiles ?

PB, p 78“Les différentes énergies renouvelables ne posent pas forcément de problème en tant que telles – mieux vaut probablement une éolienne qu’un générateur de même puissance au diesel – mais c’est l’échelle à laquelle certains imaginent pouvoir en disposer qui est irréaliste. Le déploiement généralisé du bon mix d’énergies renouvelables reste à penser et ne pourra répondre que difficilement à certains usages. […] Il n’y a pas assez de lithium sur terre pour équiper un parc de plusieurs centaines de millions de véhicules électriques, et pas assez de platine pour un parc équivalent de véhicules à hydrogène. Et rappelons, une bonne fois pour toutes, que l’hydrogène n’est pas une source d’énergie, mais seulement un vecteur. Nul doute que le pétrole, et surtout le charbon, sont encore là pour longtemps. Même si ce n’est pas une bonne nouvelle.”

C23) Contraintes

D’abord ne pas nuire

“Primum non nocere (d’abord ne pas nuire), voilà un précepte hippocratique que nous devrions appliquer plus souvent, avant de vouloir faire de la “médecine planétaire” à coups de géo-ingénierie hasardeuse !” PB, (p 319)

Par exemple ne pas déplacer le problème

AB, p 202 « Enfin, parfois, en défendant un territoire, on ne fait qu’éloigner le problème. En Sibérie orientale, des associations environnementalistes et des riverains sont parvenus à empêcher un oléoduc de longer, à 800 mètres de distance, les rives du lac Baïkal, la plus grande réserve d’eau douce de la planète. Mais le tracé, déplacé 100 kilomètres plus au nord, met potentiellement en danger d’autres territoires. »

Échange égal entre les acheteurs et les vendeurs de ressources

AB, p 138 « De façon générale, comme le démontre la critique latino-américaine de l’extractivisme exportateur et, plus largement, celle de l’ « échange écologiquement inégal », si l’exploitation massive de la nature permet peut-être d’assurer le confort de certains, ses conséquences compromettent très sérieusement la subsistance de beaucoup d’autres. »

Laisser 80% des ressources fossiles sous terre pour rester en-deçà des deux degrés

Cet objectif impose une extraction en conséquence des ressources matérielles.

Ce qu’en dit le GIEC

AB, p 230 « D’après le cinquième rapport (revue de littérature scientifique) du GIEC, pour maintenir la hausse de la température sous le seuil des 2°C au-delà duquel les effets du dérèglement seront dramatiques*, les émissions mondiales des GES doivent être réduites de 40 % à 70 % (par rapport à leur niveau de 2010) d’ici 2050. […] ce n’est que grâce à « des changements de grande envergure dans les systèmes énergétiques globaux et nationaux » et, notamment, en multipliant par trois à sept l’offre globale d’énergie « à bas carbone » (low-carbon energy), que l’on pourra espérer atteindre à temps l’objectif de réduction des émissions.* »

Ce qu’en disent la BM et l’AIE

NS, p 164 « Même la BM* et l’AIE*, des institutions qui ont toujours soutenu le pillage des ressources naturelles et les profits capitalistiques, sont d’accord pour dire que si nous ne laissons pas les trois quarts des ressources fossiles dans le sol, l’augmentation de 2°C, considérée comme une limite impérative par le GIEC, sera largement dépassée bien avant la fin du siècle*. »

D’abord la sobriété, ensuite l’efficience puis l’efficacité

Extraire les ressources renouvelables à un rythme inférieur à leur renouvellement
Considérer les ressources non renouvelables comme des stocks non substituables

PB, p 114  “Le premier principe n’a rien de technologique. Toute activité humaine, autre que la chasse et la cueillette (et encore, à condition de ne pas être trop nombreux sur un territoire donné), a un impact environnemental .”

PB, p 114 “il n’y a donc pas de produit ou de service plus écologique, économe en ressources, recyclable, que celui que l’on n’utilise pas.”

“Ensuite, certes, si le besoin ne peut pas être supprimé sans régression intolérable, on doit chercher à y répondre avec le moins de ressource possible.” (p 114)

PB, p 122 “Il serait tellement plus simple et plus rapide de baisser la température, en se limitant par exemple à 16 ou 18 °C en fonction des lieux et des horaires. Il est nettement plus simple et moins coûteux d’isoler et de couvrir les corps, que d’isoler et chauffer la pièce entière !”

PB, p 124 “[…] nous pourrions imprimer certains journaux et périodiques sur un papier suffisamment “doux” pour servir ensuite de papier hygiénique. Les chiffres colleraient plutôt bien : on consommerait en France 1,2 millions de tonnes de papier de presse et 800 000 de papier hygiénique … Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ?”

Efficience

Utiliser le moins de ressources possible a priori pour faire quelque chose, ce qui sous-entend que la même ressource peut servir à autre chose. L’efficience consiste donc à mettre les besoins en face des disponibilités, ou à instaurer une gestion par la demande.

PB, p 115 “[…] acquérir le réflexe d’une “écologie de la demande” (décroissante), plutôt qu’une “écologie de l’offre” (croissance verte). L’écologiste de l’offre réclamera à cor et à cri le remplacement des centrales électriques classiques par des énergies renouvelables. L’écologiste de la demande proposera de débrancher les télévisions. L’écologiste de l’offre réclamera des gobelets à café en plastique recyclable, l’écologiste de la demande aura sa tasse à café dans le tiroir de son bureau.”

PB, p 140 “La voiture la plus green devrait s’inspirer sans conteste du vieux modèle 2 CV : faible vitesse maximale, faible poids, fabrication en acier basique, accessoires inexistants, consommation faible.”

PB, p 128 “Prenons l’exemple du vélo. Même un modèle simple contient plusieurs centaines de pièces élémentaires, dont la plupart ont un contenu technique qui n’est pas maitrisable “localement” : métallurgie d’alliages et métaux différents, usinages et ajustage des pièces, vulcanisation du caoutchouc des pneus, préparation des peintures anticorrosion ou de la graisse pour la chaîne … demandez à un forgeron de village de vous fabriquer un dérailleur ! En revanche, une fois construit, il est clairement possible pour le commun des mortels d’en comprendre parfaitement le fonctionnement, de le “bricoler”, et un réseau de réparateurs ayant accès à des pièces détachées simples peut le maintenir en état pour de nombreuses années, pour ne pas dire indéfiniment ou presque.”

PB, p 198 “Bon, admettons qu’il restera quelques voitures, au moins dans les premiers temps. Pas pour transporter nos ministres (qu’ils se déplacent comme tout le monde, ça les changera), mais pour les ambulances, les déplacements un peu plus longs, les personnes âgées ou à mobilité réduite.”

“”pots de yaourt”” (p 198)

Efficacité

Concevoir la même chose avec moins de ressources, recycler au mieux.

Baisser l’extraction, la production, la consommation est aussi une contrainte physique

NS, p 168 « Pour construire un monde post-extractiviste, avant qu’il ne s’impose brutalement, la décroissance des inégalités, de l’agriculture industrielle et de nos comportements barbares avec les pays du Sud sont indispensables. Une décroissance volontaire de la consommation des biens matériels et alimentaires pour le milliard et demi d’humains qui gaspillent abondamment est primordiale pour que d’autres peuples puissent avoir accès à une alimentation suffisante et une vie digne. Le modèle consumériste occidental issu de l’american way of life n’a été possible que par la conquête armée et le vol des ressources naturelles d’autres peuples par les Européens au cours des derniers siècles. »

PB, p 113 “Qu’on le veuille ou non, ne reste donc que l’option très rationnelle, d’appuyer sur la pédale de frein : réduire, au plus vite et drastiquement, la consommation de ressources par personne. Il ne s’agit donc pas de savoir si l’on va retourner au temps des visiteurs, mais bien de savoir comment on peut retourner à une consommation par personne raisonnable (pas celle des visiteurs, car on a fait quelques vrais progrès techniques depuis !) tout en conservant les soins dentaires pour tous ! L’enjeu n’est pas entre croissance et décroissance, mais entre décroissance subie – car la question des ressources nous rattrapera à un moment ou à un autre – ou décroissance choisie.”

C24) Trajets buissonnants

Pour imaginer des trajets, il faut avoir une idée du projet

PB, p 172 “Voyons déjà à peu près vers où nous devrions aller avant de savoir comment y aller ; essayons d’acquérir quelques convictions. Les mesures politiques, fiscales, règlementaires, diplomatiques, etc., ou les implications culturelles et morales suivront plus facilement, en n’oubliant pas les leçons du passé, à savoir que la fin ne justifie pas tous les moyens.”

PB, p 261 “Pas la peine d’espérer faire fonctionner des batteries d’escalators, des trains à grande vitesse ou de gros sites industriels chimiques (chlore-soude) et électrométallurgiques (aluminium, sidérurgie). Mais si l’on s’organise bien, probablement assez pour vivre décemment et ne pas retourner au lavoir faire la lessive à la main. Il faudra par contre monter les escaliers à pied, réduire la vitesse de nos trains et renoncer aux canettes en aluminium.”

PB, p 262 “ Quelle quantité d’énergie pourrons-nous produire, à terme, avec ces technologies plus basiques ? Cela dépendra beaucoup de la géographie locale. […] Si je devais tenter un chiffre, je miserais sur 20 à 25% de notre consommation actuelle, au mieux, essentiellement sous forme hydroélectrique en développant, en plus des barrages existants, des mini- et microstations (le retour des moulins, avec passage par la production électrique ou utilisation directe de la force mécanique pour éviter la perte de rendement générateur/moteur), avec en complément le bois de chauffe, un développement fort du solaire thermique individuel et des éoliennes de petite et moyenne puissance, et ponctuellement des installations exploitant le biogaz.”

Le trajet est d’abord dans nos têtes

Il faut d’abord embrasser la décroissance (le projet de respecter socialement les limites) avant de faire quoi que ce soit.

PB, p 267 “Quand bien même, techniquement, les propositions avancées seraient effectivement envisageables, on peut se montrer fort sceptique sur la possibilité réelle d’amorcer un tel virage, ou de donner un tel coup de frein dans notre monde en pleine accélération. Ceci est évidemment dû à la violence des évolutions nécessaires, au contre-pied systématique par rapport aux tendances de fond en place depuis des décennies, voire des siècles […] mais aussi […] [à] des aspects culturels, sociétaux, moraux, politiques, qui seraient nécessaires pour accompagner les évolutions techniques et organisationnelles, un autre rapport au travail ou de nouvelles pratiques de consommation, plus modérées.”

Deux des trois pieds : la lutte et l’espérimentation

NS, p 200 « « […] il est vain de croire qu’on peut construire sans résister et stérile de résister sans construire.* » » * Jérôme Baschet, 2014

PB, p 321 “Luttons, en priorité, contre l’irréversible, notamment l’artificialisation des terres, l’empoisonnement des sols, l’étalement urbain, et les derniers éléphants blancs des travaux publics, autoroutes, lignes ferroviaires à grande vitesse, tunnels ou canaux. Créons des associations, assignons en justice, soyons pénibles, interpellons nos élus qui se complaisent, par habitude, pour leur gloriole personnelle ou pour des raisons moins avouables, dans le saccage de nos territoires.”

Les eSpérimentations locales alternatives sont des essais qui ne préfigurent en rien du monde de demain

PB, p 164 “Vous l’aurez remarqué, il ne s’agit que de pistes, de quelques réflexions incomplètes. Je n’ai pas la prétention d’avoir réponse à tout, ni aux quoi ni aux comment. Cela tombe bien car c’est en phase avec un dernier principe des basses technologies, celui de savoir rester modeste.”

Elles nous indiqueront demain ce qu’il ne faudra pas faire : le buisson laisse mourir certaines de ses branches, sans savoir lesquelles au moment où elles poussent.

PB, 164 “Est-il possible de faire “machine arrière” ? […] Gardons tout de même quelques machines bien utiles, sans recréer les métiers de lavandières en remplacement des lave-linge. Même si l’on pourrait arguer que les riches Occidentaux et Occidentales ne font, en quelques sorte, que sous-traiter le lavage de leur linge à des “lavandières virtuelles”, lointaines, fabriquant dans les pays à la main d’œuvre corvéable nos machines à laver ou extrayant les ressources non renouvelables qui les composent et les animent.”

Nous soutenons l’idée d’un buissonnement de trajets axés sur

La sobriété, la relocalisation, l’annulation et le remboursement des dettes financières et écologiques illégitimes, la mise en cause de la notion de progrès, de développement et de croissance …

Pour commencer le trajet,

Audit citoyen pour annulation des dettes illégitimes …

NS, p 171 « L’audit citoyen est un formidable moyen pour mettre au grand jour l’immense escroquerie que la dette représente, pour les peuples du Sud comme pour ceux du Nord, depuis la débâcle bancaire de 2008. Il consiste à analyser d’où vient la dette, à quoi elle a servi, qui détient ses titres, à chercher si elle a été contractée dans l’intérêt de la population ou pas. Les dettes publiques illégitimes étant le levier de l’extractivisme et de l’asservissement des peuples, l’audit citoyen est le meilleur moyen de lutter contre ces deux fléaux. Il porte en lui la reconquête de la démocratie par le contrôle des finances de l’État. L’audit citoyen a pour but, aussi bien au niveau local qu’au niveau d’un pays voire d’un continent comme l’Europe, de comprendre comment l’argent des contribuables est dépensé par les gouvernements. »

… et suppression des PFJ

NS, p 176 « Pour lutter efficacement contre la grande pauvreté et la faim, la disparition des PFJ est fondamentale. L’extraction est liée à la dette et à la corruption dans les PED […] »

Quelles consommations pourrait-on choisir de réduire en premier ?

PB, p 116 “[…] le gâchis actuel étant tout bonnement phénoménal, nous pouvons fort bien baisser drastiquement notre consommation sans entamer si grandement notre “confort”.”

Adaptations locales d’idées globales : idées globales issues d’adaptations locales

PB, p 299 “À cette échelle d’abord, il est possible de raisonner et de prendre des décisions. Chaque pays, chaque territoire possédant une histoire et une situation propres, il ne peut y avoir de solution planétaire “toute faite”. De la même manière que le bon mix d’énergies renouvelables dépend de chaque lieu […]”

Exemples de réduction de la consommation sans trop toucher au niveau de vie

PB, p 119 “exemples de ce que nous pourrions mettre en œuvre, relativement rapidement, en réduisant assez peu notre niveau-de-vie-non-négociable. Sans présumer à ce stade, évidemment, de leur acceptabilité sociale, et de la manière de réaliser de tels choix de manière démocratique.” (p 119)

PB, p 119 “D’abord certains renoncements pourraient passer inaperçus, comme l’interdiction des imprimés publicitaires (un million de tonnes non sollicitées dans les boîtes aux lettres chaque année : ouf !), des chaussures de sport qui clignotent lorsque l’on marche, ou des sacs plastique (de nombreux pays l’ont déjà fait). Bien sûr, l’économie (ressources consommées et pollutions engendrées) est limitée. Des gains modestes, mais si faciles et rapides à réaliser, des quick wins en novlangue d’entreprise, pourquoi s’en priver ?”

PB, p 120 “À bien y regarder, on devrait même pouvoir trouver des actions très intéressantes, et presque indolores pour les consommateurs que nous sommes […] : le rechapage. Si l’on généralisait le rechapage […] 160 000 tonnes de pneus usés par an en divisant par trois la consommation, avec une hypothèse fort prudente de deux rechapages sur la durée de vie du pneu. Sans aucune différence pour les automobilistes.”

Pour aller un peu plus loin, publicité

PB, p 121 “Encore plus que les prospectus, la consommation de ressources par la publicité est bien réelle : papier et encres dans tous les journaux et magazines, affichages à renouveler régulièrement, et maintenant écrans plats, sans parler de tous ces salons “évènementiels” et des milliards de goodies, ces petits objets publicitaires.”

PB, p 121 “D’une manière générale, il s’agirait de mieux arbitrer entre utilisation de main-d’œuvre et de machines, voire d’animaux (des moutons ou des lapins pour les pelouses plutôt que des tondeuses.)”

PB, p 122 “On pourrait brider tous les moteurs de voiture, à 120 km/h voire 90 km/h. […] Facilement 20 à 30 % de carburant à gagner, presque d’un claquement de doigts.”

Pour aller encore plus loin, simplicité

PB, p 129 “Exemple de bonne standardisation : nous pourrions, assez facilement, décider de ne plus fabriquer que trois ou quatre formats de bouteilles uniques (en verre blanc, donc !) qui seraient utilisées pour toutes les boissons : l’eau, le lait, l’huile, le vin, la bière, les sodas, les jus de fruits, … voire des usages non alimentaires […] ”

Ce qui sous-entend un changement de paradigme

NS, p 170 « La compétition devra être remplacée par la coopération, le gaspillage par les économies de ressources et la sobriété alimentaire, la propriété intellectuelle par les savoirs partagés pour que tous puissent accéder à une vie soutenable. Nos besoins pourront alors s’ajuster au potentiel de renouvellement des écosystèmes pour que la planète bleue puisse continuer à offrir l’exceptionnel biotope qui a permis à la vie de naître et aux humains d’évoluer jusqu’à aujourd’hui [[maintien des plafonds, acceptation des limites]. »

Compétition vs coopération

PB, p 155 “Il faut accepter de remettre en cause le dogme d’une concurrence forcément bénéfique. Dans les industries de réseau, elle est plutôt néfaste d’un point de vue environnemental, mais aussi économique, quoi que l’on en dise. On multiplie les équipements et installations parallèles (exemple de la téléphonie mobile et de ses antennes-relais, même si de temps en temps les différents opérateurs partagent un pylône …), les dépenses inutiles de marketing/vente/communication sans changer quoi que ce soit chez le client.”

Prédation

AB, p 159 « La prédation n’est pas l’unique choix qui s’offre à nous. Tout comme l’agroécologie pourrait nourrir la planète si on lui laissait le « champ » libre, il serait possible de réduire drastiquement nos besoins en matières premières nouvellement extraites : en allongeant la durée de vie des produits, en réparant et en réutilisant du vieux plutôt qu’en produisant du neuf, en concevant des produits réellement recyclables, en relocalisant les productions et, avant tout, en soumettant à l’examen critique l’ensemble de nos « besoins » et les manières de les satisfaire […] »

Humilité

PB, p 166 “Réapprenons à la science l’humilité !”

PB, p 167 “Accepter que l’on n’ait pas réponse à tout. Contempler les martinets qui passent … et se réapproprier la dimension poétique et philosophique du monde, puisque si la science ne peut le faire, seules la poésie et la philosophie peuvent nous aider à décrire et à appréhender le monde qui nous entoure.”

Briser la chaîne, entrer dans le cycle

PB, p 137 “Il sera nécessaire que chacun, chez soi, soit sensibilisé et comprenne mieux les principes des grands cycles naturels et les modalités pratiques du compostage.”

PB, p 138-139 “Mieux vaut, certainement, perdre un peu en efficacité mais faire robuste, simple, avec des matériaux et des technologies éprouvées, pour augmenter les capacités locales à entretenir, à réparer, à faire durer, à maitriser les objets, les outils ou les systèmes techniques.”

PB, p 261 “Et pour rester sur la lessive, il faudra peut-être lancer la machine quand le vent se lève (faire appel massivement à des batteries individuelles est une très mauvaise idée), et donc ne pas être trop loin de chez soi à ce moment-là ! Après tout, à l’époque pas si lointaine des moulins à vent, je suppose que le meunier faisait autre chose les jours de calme plat …”

Partage

NS, p 195 « Travailler moins n’est-il pas le seul chemin pour aller vers le post-extractivisme ? Plus de justice sociale c’est moins de revenus pour ceux qui contribuent au conso-gaspillage et plus pour ceux qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Notre imaginaire, formaté par le système marchand, nous fait croire que le bonheur est indissociablement lié à l’accumulation de biens. »

Nous faisons face à un choix très clair

NS, p 166 « Nous, les habitants des pays les plus prospères, sommes donc face à un choix très clair. Soit décider volontairement de diminuer notre empreinte écologique, donc notre consommation matérielle, en réduisant fortement nos besoins en bois, minéraux, viandes, poissons, énergies (y compris d’origine renouvelable), eaux douces et terres arables. Aller vers la simplicité impliquera de remplacer ce système dans lequel règne la mode, l’obsolescence programmée et le gaspillage. Soit laisser le business as usual continuer à détruire notre biotope au nom du « libre » échange, de la « libre » concurrence et de la « libre » entreprise, avec pour seule idéologie le grand mensonge libéral du TINA. Que les dominants veuillent se noyer dans des piscines de bénéfices pourrait nous laisser indifférents si leurs folies ne nous entraînaient dans une débâcle aussi certaine que collective. […] Inverser le rapport de force est indispensable pour ne pas voir transformer notre pseudo démocratie actuelle en dictature ou barbarie. »

PB, p 268 “Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas gagné.”

Trajets politiques, rapports de force, mobilisations

NS, p 175 « Quand les gouvernements sont complices, seule une très forte mobilisation de la population d’un pays permettra d’obtenir un audit et ensuite une annulation des dettes. […] Leurs annulations sont fondamentales pour se rapprocher d’une société post-extractiviste dans laquelle la recherche du bien vivre, cher aux Équatoriens et aux Boliviens, primerait sur celui du toujours plus de consommation et de croissance. »

NS, p 58 « Les missionnaires qui ont accompagné les conquêtes occidentales étaient là pour détruire les cultures animistes, étape indispensable pour que ces peuples adhèrent aux religions monothéistes et acceptent le vol et la dépossession de leurs richesses naturelles. « Les génocides sont universellement condamnés, mais les ethnocides, cette destruction du mode de vie d’un peuple, sont appelés « politiques de développement » » [citant Wade Davis]. L’Église catholique au temps de l’inquisition a-t-elle fait autrement en Europe ? Les « sorcières », ces femmes qui étaient brûlées tentaient pourtant de faire survivre, face au totalitarisme chrétien, la diversité des religions polythéistes, des pratiques médicales traditionnelles à base de plantes et d’élixirs, etc. Des femmes ou parfois des hommes ont été assassinés pour avoir défendu la liberté de pensée ou les sagesses anciennes contre le patriarcat et le monothéisme catholique. […] On ne brûle pas encore les objecteurs de croissance, mais quels économistes, hommes politiques ou médiacrates ne les traînent pas, encore en 2014, dans la boue en les taxant d’arriérés prônant le retour aux cavernes et à la bougie ? »

C25) Projets décroissants

Décroissance ou croissance ?

Décroissance

NS, p 196 « La décroissance […] doit être comprise comme étant d’abord celle des inégalités sociales et environnementales. »

Croissance

PB, p 273 “[…] à quoi ressemblera le monde dans trente ans si l’on continue au rythme des changements des dernières décennies ?”

Libérer nos imaginaires

L’agroécologie nourrira le monde

AB, p 153-154

AB passage 152-159, surtout 158-159

NS, p 163 « L’agriculture productiviste, initiée par la « révolution verte », devra impérativement laisser la place à une agriculture respectueuse du climat, des sols, de l’environnement et de la santé des humains. Le gaspillage alimentaire et la consommation de viande devront diminuer très fortement si nous ne voulons pas que la désertification et la faim progressent de façon irréversible. »

PB, p 191 “Il n’existe et n’existera aucune source d’énergie ou de vecteur énergétique permettant d’offrir à l’ensemble de l’humanité la mobilité moyenne d’un Américain, ou même d’un Européen (et sûrement pas la voiture électrique). La consommation énergétique et métallique est telle que le seul choix est de sortir de la civilisation de la voiture, en tous cas au sens où l’on entend le mot “voiture”, c’est à dire un objet de l’ordre d’une tonne transportant 80 kg de charge utile dans la plupart des cas. Pour l’instant, on n’en prend pas le chemin, avec un parc mondial de véhicules qui a passé le cap du milliard en 2010. Mécaniquement, le besoin généré en routes et en parkings supplémentaires, provoque la disparition de millions d’hectares de précieuses terres agricoles (notamment en Chine), souvent les plus riches car situées dans les zones en cours d’urbanisation dans les plaines et sur les côtes.”

NS, p 165 « Les énergies renouvelables ne seront une alternative crédible que dans la mesure où le gaspillage énergétique cessera. Inutile autant qu’impossible de construire des éoliennes si c’est pour consommer toujours plus. »

NS, p 165 « Quant aux énergies renouvelables, si elles sont de vraies solutions pour remplacer les énergies fossiles déclinantes et désastreuses pour le climat, elles nécessitent de grandes quantités de métaux et de ressources naturelles déjà limitées. »

L’économie sera relocalisée

PB, p 126 “D’une manière générale, une certaine relocalisation est nécessaire et même éminemment souhaitable : pour des raisons énergétiques évidentes, en faisant baisser les besoins de transport, pour des raisons sociales et environnementales, car nous devons apprendre à gérer localement les fameuses “externalités négatives”.”

Rester sur les planchers : recyclage et écoconception

PB, p 126 “[…] le salut passe donc par une augmentation considérable de la durée de vie des produits.”

PB, p 126 “Il faut donc que ces produits soient conçus et fabriqués pour être, le plus possible, économes en ressources (et notamment en ressources les plus rares), non polluants, durables, robustes, et facilement réparables ou réutilisables, modulaires, plus faciles à recycler en fin de vie.”Littéralement un virage à 180° contre l’obsolescence programmée, technique ou culturelle, la différentiation marketing et la logique du tout-jetable.”

PB, p 139 “[…] avant de faire des déploiements massifs d’énergies renouvelables […] ne faudrait-il pas réfléchir un peu au choix de nos éoliennes ? Vaut-il mieux des éoliennes “de village”, peut-être limitées à un réseau local avec moins de puissance fournie ou une gamme de fonctionnement moins étendue, mais une technique robuste, basique, des matériaux moins loufoques (je rappelle que l’on ne sait pas, à ce jour, recycler les matériaux des éoliennes à durée de vie de moins de trente ans que nous installons actuellement) et qui puissent être réparées facilement ?”

Inspiration

Chiapas

NS, p 199 « Face à cette volonté d’unification marchande sous le règne de cette « noblature » actionnariale, Jérôme Baschet explique que la mise en œuvre « d’une autonomie rebelle dans les territoires zapatistes du Chiapas (Mexique) est l’une des plus remarquables « utopies réelles » mises en œuvre actuellement. » La multiplicité des mondes que proposent les communautés zapatistes, en opposition à la planète globalisée, est le résultat d’une résistance et d’un cheminement très organisés vers l’autonomie des peuples. La démocratie réelle mise en œuvre au cours des vingt dernières années dans les montagnes du sud mexicain est une aventure singulière par son caractère post-capitaliste. »

NS, p 193 « Il est nécessaire d’aller vers la société « low tech » proposée par Philippe Bihouix. Certaines professions qui ont presque disparu pourraient revoir le jour face à la nécessité de produire [produire] des biens durables. Des métiers fondés sur l’artisanat, la réparation et le recyclage seraient à nouveau sollicités. Cela permettrait de faire revivre les villes et les villages tout en diminuant notre empreinte extractiviste. Se détourner des supermarchés sera nécessaire, revitalisera les petits commerces et créera des emplois [emplois] de proximité. […] Localement, nous pouvons produire [produire] beaucoup de choses essentielles : fruits, légumes, bois, médicaments, produits laitiers, fromages, savons, petits matériels … À travers la production [production] régionale de bois, la construction de maisons et de meubles peut être relocalisée, entraînant une diminution des déplacements, des créations d’emplois et une utilisation plus responsable des ressources. »

PB, p 305 « Les héros de demain seront paysans, chiffonniers, cordonniers, mécaniciens, menuisiers, réparateurs d’électroménager ou d’informatique … tandis que banquiers, comptables, juristes, publicitaires, ou “experts marché” devront tôt ou tard disparaître, ou au moins fortement diminuer en nombre. Les artisans et les ouvriers spécialisés, détenteurs du savoir, furent pendant des siècles des professions respectées, pour certaines privilégiées, avant les ravages du taylorisme.”

PB, p 306 “ […] plombiers philosophes, instituteurs paysans …”

Introduction

A) Définitions, historique, dégâts des lieux

B) Anti-extractivismes

C) Extraction sans extractivisme

Conclusion

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